Jacksonville News 24 Breaking News

collapse
Home / Daily News Analysis / « Une terrible erreur » : pour Hillary Clinton, c’est Joe Biden qui est responsable du retour de Donald Trump à la Maison Blanche

« Une terrible erreur » : pour Hillary Clinton, c’est Joe Biden qui est responsable du retour de Donald Trump à la Maison Blanche

Jun 24, 2026  Twila Rosenbaum  12 views
« Une terrible erreur » : pour Hillary Clinton, c’est Joe Biden qui est responsable du retour de Donald Trump à la Maison Blanche

Le tacle d'Hillary Clinton à Joe Biden

Le lundi 15 mai, dans un entretien accordé au magazine The New Yorker, Hillary Clinton a lourdement critiqué l'ancien président Joe Biden. Selon elle, c'est Joe Biden qui est le principal responsable du retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2024. « Il a commis une terrible erreur, tant pour lui-même que pour son héritage et pour le pays », a-t-elle déclaré, provoquant un vif écho dans la presse américaine, du New York Times au Washington Post.

Les raisons de la colère de Clinton

Pour Hillary Clinton, le choix de Joe Biden de se représenter en 2024, alors qu'il avait 81 ans et que ses capacités déclinaient visiblement, a été une catastrophe politique. Elle estime que s'il avait « passé le flambeau » dès l'été 2023, le Parti démocrate aurait pu organiser de véritables primaires. « N'importe quel candidat issu de cette primaire, qu'il s'agisse de la vice-présidente, d'un gouverneur, d'un sénateur ou de n'importe qui d'autre, aurait battu Donald Trump », affirme-t-elle.

Cette critique s'inscrit dans un contexte de rivalité ancienne entre les deux ténors démocrates. Ils ont tous deux servi dans l'administration Obama, Biden comme vice-président et Clinton comme secrétaire d'État. En 2016, Barack Obama avait choisi de soutenir Hillary Clinton contre Donald Trump, poussant Biden à renoncer à se présenter. Depuis, Biden a souvent exprimé son regret de ne pas s'être lancé, déclarant même en 2017 : « Je pense que j'aurais pu gagner. »

Le livre de Kamala Harris : une critique implicite

Dans son ouvrage 107 jours, paru début 2025, la vice-présidente Kamala Harris raconte les coulisses de la campagne express de 2024. Elle y décrit la réaction du couple Clinton à l'annonce du retrait de Joe Biden. Selon elle, Bill Clinton a exprimé son « soulagement », tandis qu'Hillary a demandé à participer à son « conseil de guerre », se disant prête à « tout » pour l'aider à gagner. Mais le livre n'épargne pas Joe Biden : « “C’est la décision de Joe et Jill [sa femme]”. Nous répétions tous cette formule comme un mantra. Était-ce de la sagesse ou de l’inconscience ? Rétrospectivement, je penche pour la seconde option. » Elle ajoute que le choix de se représenter n'aurait pas dû être « une décision personnelle » et « laissé à l'ego ou à l'ambition d'un seul individu ».

Ces propos font écho à ceux d'Hillary Clinton, qui déplore que Joe Biden se soit accroché au pouvoir. Lors de son élection en 2020, Biden s'était présenté comme un candidat de « transition », laissant entendre qu'il ne briguerait qu'un seul mandat. Mais une fois élu, il a changé d'avis, malgré les sondages montrant une profonde inquiétude des électeurs sur son âge et sa santé. Le débat désastreux contre Donald Trump en septembre 2024, où Biden a semblé confus et perdant ses moyens, a scellé le sort de sa campagne. Sa femme Jill Biden aurait même cru qu'il faisait un AVC. Mais au lieu de se retirer rapidement, Biden a attendu juillet 2024 pour laisser la place à Kamala Harris, précipitant une transition chaotique.

Les conséquences pour le Parti démocrate

Cette séquence a laissé des traces profondes. De nombreux stratèges démocrates estiment que cette hésitation a coûté l'élection à leur camp. « Nous nous sommes retrouvés face à un terrible dilemme », a confié Hillary Clinton. Selon elle, le parti n'a pas eu le temps de construire une campagne solide autour de Kamala Harris, qui a dû affronter Donald Trump avec seulement trois mois de préparation. Résultat : une victoire écrasante du milliardaire républicain, qui a regagné la Maison Blanche pour un second mandat non consécutif.

Les critiques contre Biden ne viennent pas seulement des Clinton. De nombreux responsables démocrates, comme la speaker émérite Nancy Pelosi ou le sénateur Chuck Schumer, avaient discrètement exprimé leurs inquiétudes après le premier débat. Mais aucun n'a osé le pousser à se retirer plus tôt, par peur de heurter le président sortant. « Il y a eu une forme de paralysie collective », analyse un observateur politique. « Personne ne voulait être celui qui oserait dire publiquement ce que tout le monde pensait en privé. »

Le retour de Donald Trump : une défaite amère pour les démocrates

Depuis sa victoire en novembre 2024, Donald Trump a rapidement consolidé son pouvoir. Il a lancé une série de réformes controversées, notamment en matière d'immigration et d'économie, tout en renforçant son emprise sur le Parti républicain. Les démocrates, eux, sont en pleine reconstruction. Ils cherchent une nouvelle figure rassembleuse, capable de rivaliser avec le charisme trumpiste.

Hillary Clinton, qui n'a jamais caché son ambition, pourrait-elle être de nouveau candidate en 2028 ? À 77 ans, elle refuse de l'exclure. Mais beaucoup doutent qu'elle puisse incarner le renouveau. Le Parti démocrate a besoin de sang neuf, comme Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, ou Pete Buttigieg, l'ancien secrétaire aux Transports. En attendant, le spectre de 2016 – la défaite surprise de Clinton face à Trump – plane toujours sur les analyses.

Certains commentateurs estiment que le problème n'est pas seulement Biden, mais toute une génération de démocrates qui a du mal à céder la place. « Le parti s'est trop longtemps reposé sur les mêmes visages », écrit un éditorialiste du New York Times. « Biden, Clinton, Pelosi – ils ont tous un immense mérite, mais ils ont aussi empêché l'émergence de nouvelles voix. »

L'impact de la rivalité Biden-Clinton

La relation entre Joe Biden et Hillary Clinton a toujours été complexe. En apparence, ils affichaient une complicité chaleureuse lors des événements publics. Mais en privé, la méfiance et la compétition étaient palpables. Quand Biden était vice-président, il n'a pas caché son intérêt pour la présidence en 2016, mais il a finalement cédé la place à Clinton sur l'insistance d'Obama. Ce sacrifice a laissé des traces. En 2020, Biden a finalement conquis la Maison Blanche, mais il a dû composer avec les Clinton, qui ont soutenu sa campagne après avoir perdu les primaires.

Aujourd'hui, les accusations d'Hillary Clinton sonnent comme une revanche tardive. « Elle n'a jamais pardonné à Obama de l'avoir poussée à se présenter en 2016, ni à Biden d'avoir gagné en 2020 », analyse un proche de l'ancienne secrétaire d'État. « Mais au fond, elle sait que Trump a été élu deux fois en partie à cause des divisions démocrates. »

Le débat sur la responsabilité de Joe Biden n'est pas près de s'éteindre. Dans les médias américains, les avis sont partagés. Certains défendent Biden, rappelant qu'il a mené une présidence solide sur le plan économique et qu'il a empêché Trump de gagner en 2020. Mais d'autres, comme l'historien Michael Beschloss, estiment que « l'histoire jugera sévèrement son refus de passer la main à temps ».

Quoi qu'il en soit, cette polémique illustre les fractures profondes au sein du Parti démocrate. Alors que Donald Trump prépare déjà son second mandat, les démocrates doivent choisir entre l'union et la guerre fratricide. Les paroles d'Hillary Clinton risquent de rouvrir des blessures mal refermées.


Source: Yahoo News News


Share:

Your experience on this site will be improved by allowing cookies Cookie Policy